Rebound
- Surimi

- 3 mai
- 4 min de lecture

Rebound (rebondir), pour moi, c'est la capacité de revenir après une épreuve. Pas en redevenant qui j'étais, mais en avançant avec une façon de penser différente. En termes simples : continuer.
Plus facile à dire qu'à faire, je sais. Parce que j'y suis encore.
Chaque jour peut encore ressembler à un défi, la façon dont mon corps répond, ce qu'il ressent, comment il bouge. Au fil des années, j'ai compris que ce n'était pas seulement une question de persévérance. C'était une question de changer mon approche.

La vie avec une maladie chronique est imprévisible. La plupart du temps, elle est empreinte de douleur. Apprendre à vivre avec, c'est accepter de changer ses plans, parfois à la dernière minute, parce que le corps refuse simplement de coopérer ce jour-là. Les jours meilleurs, on fait plus.
La question devient alors : comment trouver le juste milieu ?
Pour moi, ça revient toujours à l'acceptation. Pas comme une résignation, mais comme une prise de conscience. Accepter où j'en suis dans l'instant, avant d'essayer de changer quoi que ce soit. Je l'ai appris à la dure.
J'essayais de courir alors que je n'étais même pas prête à marcher. Littéralement. Ce n'est pas surprenant que j'aie fini par perdre ma motivation et sombrer.
Accepter où nous en sommes dans le moment présent est simple en théorie, mais difficile en pratique. Si je suis fatiguée, cela signifie reconnaître que mon corps me demande de ralentir. Il m'a fallu longtemps pour comprendre ça.

Au fil des années, j'ai arrêté de voir la fatigue comme quelque chose à surmonter, et j'ai commencé à la voir comme quelque chose avec lequel travailler. Une occasion d'explorer un mouvement plus doux, plus délicat. Pas moins de mouvement, juste un mouvement différent.

Parfois, c'était des étirements. Parfois, du travail de mobilité. Parfois, du yoga.
Une façon de ramener le mouvement dans mon corps, sans le forcer. Parce que même quand le corps se sent lourd, il est fait pour bouger. Pas à haute intensité, mais d'une façon qui le maintient en mouvement, doucement.
Quand on se sent fatigué, mal, ou à plat, la réaction naturelle est souvent de se retirer, de prendre du recul, de faire moins. Et ce n'est pas forcément une mauvaise chose. Mais j'ai remarqué que plus je restais là, plus il devenait difficile de revenir au mouvement. Non pas parce que j'en avais perdu la capacité, mais parce que j'en avais perdu le lien.
Alors au lieu de demander à mon corps d'en faire plus, j'ai commencé à lui demander de faire quelque chose… Quelque chose de petit. Quelque chose de simple. Quelque chose qui gardait la porte ouverte.
Le changement s'est produit quand j'ai décidé de recommencer, chaque jour.
Certains jours, je bougeais les mains et les poignets. D'autres, les épaules et le cou. Il y avait des moments où je pouvais faire plus, et beaucoup où je faisais moins. Mais je continuais à bouger, petit à petit. Et lentement, quelque chose a commencé à changer. Pas d'un seul coup, mais suffisamment pour que je le ressente, plus de mobilité, plus de légèreté, plus de mouvement dans mon corps.
Cela m'a donné de l'espoir. Parce que même les plus petits changements semblaient réels.

C'est ce que j'ai appris sur le mouvement. Ce n'est pas juste quelque chose qu'on fait. C'est quelque chose qui répond. Plus je lui donnais, plus il me rendait. Et avec ça, ma confiance a grandi.
J'ai commencé à ajouter des choses simples. La marche, par exemple.
Je n'oublierai jamais le moment où 600 mètres me semblaient difficiles. J'étais tellement dure avec moi-même, me disant que ce n'était pas normal pour mon corps, au début de la trentaine, de peiner comme ça. Plus j'étais sévère, plus mon corps semblait résister, comme s'il se rebellait contre moi.
Au fil des années, j'ai appris à m'adoucir. À me pardonner. À accepter les jours où mon corps avait besoin de plus de soin.
Alors j'ai commencé là où j'en étais.
Puisque 600 mètres c'était trop, j'ai commencé par 300. Je marchais chaque jour. Puis c'est devenu 400, 500, et finalement j'ai dépassé les 600 mètres sans douleur. J'étais peu entraînée, mais j'ai appris à respirer à chacun de mes pas. La marche est devenue régulière. Je pouvais faire des randonnées plus longues, plus plates. Je suis devenue plus forte.

Lors des poussées, je me reposais. Parfois une courte sieste, quinze à trente minutes. Parfois plus longtemps, une heure, ou même une demi-journée. Ce n'était pas abandonner. C'était donner à mon corps ce dont il avait besoin pour récupérer.
Je devais me rappeler qu'avec un diagnostic vient une responsabilité. Pas de faire de plus en plus, mais de prendre mieux soin. D'écouter plus attentivement.
Accepter que mon corps ne fonctionnait plus de la même façon était difficile, mais pas impossible. Parce que si j'avais tenu jusque-là, c'est qu'il restait encore quelque chose sur quoi construire.
Chaque revers, crampes musculaires, douleurs articulaires, moments de démotivation, doute sur soi, entamait ma confiance. Mais j'ai refusé de le laisser me définir. Je ne suis pas ma pathologie.
Chaque jour est un rebond. Pas en retournant vers qui j'étais, mais en avançant depuis qui j'étais la veille.


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